Nouveauté : Recensions

Recensions : Ardennes 1940 + Aerostories...

L'ouvrage depuis sa sortie a fait l'objet de deux recensions. L'une de M. Philippe Listemann sur la site aérostories que vous pouvez lire ici :

http://www.aerostories.org/~aerobiblio/article3726.html

L'ouvrage a été honoré d'un "coup de coeur 2013" et c'est avec une grande joie que nous vous annonçons... La reconnaissance de mon travail est si rare : c'est un encouragement certain à la poursuite de mes recherches...

Monsieur Baudier, président de l'Association Ardennes 40, a aussi parlé avec éloge de l'ouvrage dans le bulletin de l'association n° 62 de mars 2013. Je vous transmets, ici, le texte :

14 MAI 1940.. BEAUCOUP D’INTERROGATIONS !

La dernière publication d’Arnaud GILLET, un de nos fidèles adhérents LE PIEGE de SEDAN analyse le déroulement de cette journée sur terre et dans les airs.

Il met en avant les difficultés de communication et de coordination entre les différents échelons du commandement: le général HUNTZIGER commandant la IIe armée, lointain, le général GRANDSARD commandant le Xe Corps d’armée, frileux, le général Lafontaine commandant la 55e Division d’infanterie, attendant l’ordre d’attaque, le colonel Labarthe commandant le 213e régiment d’infanterie tentant de rassembler ses troupes. Ces difficultés se manifestent sur le terrain par des ordres et des contrordres qui troublent les troupes déjà harcelées par l’aviation ennemie.

A. Gillet cite le chef d’état-major de Lafontaine disant à son chef :

« Il ne faut pas qu’il y ait déplacement de responsabilités. Le commandant de corps d’armée (Gal. Grandsard) s’est réservé toute la direction de la bataille. Depuis des mois, il règle tout dans les plus menus détails, aujourd’hui même, il vous a refusé l’emploi des batteries d’Artillerie Lourde de Corps d’Armée. Il faut qu’il dise ce qu’il veut : ce ne sont pas les incohérences exprimées par Cachou (E-M de Grandsard) qui peuvent nous éclairer à ce sujet. Je suis d’avis que vous effectuiez une liaison de commandement auprès de lui. Vous pourrez ainsi lui exposer la situation et l’ambiance. Il vous donnera ses ordres. »

On en est là, alors que l’ennemi est à quelques Km et que le temps presse ! Heureusement que Lafontaine décidera d’organiser une contre-attaque avec les chars du 7e Bataillon qui arrivent et ce qui peut être rassemblé du 213e RI ! Le 4e Bataillon de Chars de Combat et le 205e RI ont aussi reçu du Xe CA les ordres de contre-attaque le 13 mai au soir, ordres annulés quelques heures après ; ils attendent vainement de nouveaux ordres. Quand le général Lafontaine peut les joindre, en matinée du 14 mai, il est trop tard pour les engager. Ils se replient alors sur le Bois de Raucourt et le carrefour de La Bagnolle où un groupe de chars reste jusque 17h alors que la 2° Compagnie rejoint Stonne.

L’aviation connaît les mêmes difficultés : A, Gillet écrit :

« Pas un malheureux bombardier français n’a reçu mission de bombarder les ponts à Sedan : ni la nuit, ni à l’aube, ni dans la matinée, ni même dans l’après-midi ou le soir. Idem pour les Britanniques: le général Barratt ordonne l’attaque des ponts, mais à Reims, le général Playfair donne des ordres différents.»

Il ajoute en fin d’étude (p.128) :

« Cette journée est un immense gâchis en matériel, et surtout en vies humaines. La vague britannique de cet après-midi connaît des taux de pertes jamais égalés dans l’histoire de la Royal Air Force. L’aviation alliée perd 76 appareils plus 11 endommagés... 7,5 détruits par suite des méprises de la chasse française... 5 autres avions perdus plus 2 endommagés victimes des méprises de la DCA française... Quant aux dommages causés aux ponts de bateaux, aucun n’a été détruit, ni même endommagé...»

Il faut remercier Arnaud GILLET d’analyser dans le détail la manière dont les opérations militaires ont été conduites et le comportement des différents échelons. On s’est en effet souvent empressé, dès le départ, de désigner les coupables : les combattants de base - ceux qui ont peuplé nos cimetières militaires provisoires -  ont été accusés, vilipendés, caricaturés, sans beaucoup s’interroger sur le comportement des hauts responsables ni analyser le bien-fondé des ordres donnés (et des contre-ordres).

Arnaud Gillet lève une partie du voile. La désorganisation générale qu’il constate met en cause les plus hauts responsables de l’armée ! (http://lepiegedesedan.e-monsite.com)

D’autres faits amènent à se poser les mêmes questions:

- qui a ordonné la dépose des mines situées au-dessus de Sedan – Saint-Menges juste avant le 10 mai, alors qu’elles étaient destinées à détruire les chars qui utiliseraient ces itinéraires ? (plusieurs témoignages en attestent). Cette décision a facilité l’avance ennemie...

- pourquoi l’adjoint d’Huntziger a-t-il négligé le 9 mai au soir, le message écrit par un des membres de son état-major, l’avertissant de l’attaque du lendemain 10 mai ? (il allait, avec Huntziger, à la séance du théâtre aux armées au Stella à Vouziers !) Cela a retardé d’autant la mise en alerte de nos troupes alors que la Hollande avait mobilisé depuis le 8 mai ! L’arrivée de la Wehrmacht ne semblait donc pas les gêner ?

- qui a décidé le 15 mai à Laon d’interdire à notre défense antiaérienne de tirer sur une vague de Dornier (bombardiers D) venant détruire la gare ainsi que des avions sur l’aérodrome de Samoussy ? (pourquoi cette aide à l’ennemi ?) témoignage de G. Friedmann dans Journal de Guerre 1939-1940 - même témoignage près de Donchery !

- Pourquoi le commandant du 210 Corps d’Armée (général Flavigny) "oublie"-t-il d’avertir la 3e DIM, la 3e DCR et les autres unités françaises de l’existence d’un fossé antichar devant la forêt du Mont Dieu, fossé de 10 m. de large et de 2 m. de profondeur, piégeant toute attaque française et l’obligeant à se faufiler aux trois passages prévus que l’ennemi surveille dès son arrivée avec des antichars (avion espion) !

Et cette énumération n’est hélas pas exhaustive !...

Toutes ces mesures ont coûté des centaines, voire des milliers de vies humaines ! Il est curieux qu’aucune enquête n’ait été entreprise pour tenter de comprendre pourquoi tant de décisions favorables à l’ennemi ont été prises !!

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